Questions/Réponses sur les BVE

Q : avec le QCM, je ne peux pas tout évaluer. Vrai ou faux?
R : vrai. Le test QCM est une méthode d'évaluation parmi d'autres. En aucun cas elle ne prétend se substituer à d'autres types d'évaluation comme la dissertation, l'exposé, le commentaire de documents ou le rapport de stage. Néanmoins, parce qu'il s'agit de questions fermées, on sous-estime souvent les possibilités offertes par les QCM dans les objectifs d'évaluation. En effet, les questions et les propositions de réponses soumises aux étudiants peuvent exiger une simple restitution de connaissances mais aussi un processus de réflexion individuel ou collectif.

Q : l'effet nouveauté et le côté ludique des BVE s'estompe-t-il avec le temps?
R : répondre à cette question exigerait une observation des différentes utilisations des boîtiers de vote par un ou plusieurs enseignants sur plusieurs années. Il est certain que comme toute activité, la répétition peut entraîner la lassitude voire le rejet. Il est tout à fait probable également qu'une banalisation des boîtiers de vote dans le quotidien des étudiants amènerait à ce que l'outil ne soit pas considéré comme un apport pour l'apprentissage. La question doit être posée autrement car ce n'est pas tant l'outil qui peut être original et ludique que la façon dont on l'utilise et les questions que l'on pose.

Q : anonymat ou nominatif?
R : tout dépend de l'utilisation des boîtiers de vote que l'on envisage et du feedback que l'on souhaite proposer. Pour certains usages, la question ne se pose pas : les examens se feront inévitablement en nominatif alors qu'il est fortement recommandé de réaliser un sondage en anonyme, quitte à proposer ensuite à ceux qui le souhaitent de s'exprimer. Par contre, la question mérite d'être posée dans d'autres cas, comme par exemple l'évaluation des prérequis ou la vérification non notée du travail personnel. Un vote anonyme permettra d'identifier le niveau ou l'implication général d'une classe pour adapter son enseignement tandis que le vote nominatif apportera des éléments précis sur chaque étudiant pour permettre notamment un suivi individualisé.

Q : mes étudiants ne prennent pas de notes quand ils utilisent les BVE. Est-ce pour autant du temps perdu?
R : non. Une prise de notes assidue et frénétique des étudiants ne constitue pas en soi une activité témoignant de la qualité d'un cours. Au contraire, mieux vaut un étudiant qui réfléchisse sans prendre beaucoup de notes plutôt qu'un étudiant qui se contente de recopier sans réfléchir le diaporama d'un enseignant qui, de toute façon, sera mis en ligne à l'issue de la séance. Inquiétez-vous davantange si vos étudiants ne semblent pas attentifs ou se dissipent facilement. Ce sont justement là des comportements que l'on cherche à éviter en utilisant les boîtiers de vote.

Q : dois-je laisser mes étudiants interagir entre eux lors d'un vote individuel?
R : oui et non. Il va de soi que dans le cadre d'un vote individuel de type examen, la discussion entre étudiants ne peut être tolérée tout comme la consultation de documents non autorisés. Par contre, si l'interaction qui n'était pas prévue se fait naturellement, dans un contexte d'exercices non évalués, l'enseignant doit se poser la question de l'intérêt de favoriser ou pas cette interaction et faire d'un vote individuel avec une démarche de réflexion individuelle un vote individuel avec une démarche de réflexion collective. Pourquoi ne pas proposer, la séance suivante, un travail collaboratif? 

Q : j'utilise les BVE pour améliorer la participation des étudiants, mais ceux-ci restent peu enclins à prendre la parole. Que puis-je faire?
R : si les boîtiers de vote électronique permettent de solliciter tous les étudiants et donc de mettre en place une interaction collective, ils ne résolvent pas pour autant tous les problèmes de participation orale. Un étudiant timide restera un étudiant timide, avec ou sans boîtier! Toutefois, la sollicitation de l'étudiant avec les boîtiers de vote les rend acteur de leur apprentissage et peut sensiblement améliorer leur implication dans un cours.

Q : les BVE ne risquent-ils pas de produire de l'agitation?
R : oui et non. L'utilisation des boîtiers de vote peut entraîner un peu d'agitation lors de la première utilisation (l'effet nouveauté) et à certains moments critiques comme l'installation du matériel, l'attente des derniers votants ou le retour au cours après une séquence de vote. A l'enseignant de limiter le plus possible ce risque d'agitation en préparant au mieux sa séance et en ne s'obstinant pas à attendre que tous les étudiants aient voté. Reste que les moments consacrés aux séquences de vote bénéficient généralement d'une attention accrue des étudiants mobilisés par une activité originale. Dans le cas de vote en groupe, l'agitation n'est ni plus ni moins importante que dans n'importe quelle situation de travail collectif.

Q : que puis-je faire pour éviter les réponses au hasard?
R : comme pour n'importe quel test avec des QCM, le problème de la réponse donnée au hasard peut être en partie résolu en favorisant la non-réponse. Pour cela, il suffit de faire le choix, lors de la conception de votre questionnaire, de donner +1 ou +2 points par bonne réponse, 0 point pour une absence de réponse et -1 point pour chaque réponse fausse. Dans le cas de test non noté, les réponses au hasard ne sont pas un problème en soi si l'enseignant propose un feedback de qualité, que se soit en questionnant les étudiants sur leur processus décisionnel ou en expliquant lui-même la démarche pour aboutir aux bonnes réponses.

Q : que dois-je faire face aux étudiants qui mettent du temps à voter et ceux qui ne votent pas?
R : souvent observée, l'attente liée aux "retardataires" peut susciter un peu d'agitation (impatience des étudiants) et compromettre vos attentes en terme de timing. Pour les sondages, faire cesser un vote avant que tous aient répondu n'est pas problématique (dans des proportions raisonnables!) : vous souhaitez révéler une tendance. Pour la première question, demandez toutefois aux étudiants s'ils ont bien validé pour repérer d'éventuels boîtiers défectueux. Pour les tests, rappelez, dans vos consignes, que le temps de vote est limité et que les votes hors délai ne seront pas pris en compte. Tout examen a sa limite de temps, à vous par contre de bien estimer le temps qu'il faut aux étudiants pour répondre aux questions.

 

Q : est-ce pertinent d'installer un esprit de compétition?
R : mettre en place un esprit de compétition est facilement réalisable avec les boîtiers de vote : l'affichage des résultats permet, si on le souhaite, de comparer les "scores" de chaque étudiant dans le cadre d'un vote nominatif. Toutefois, il faut être prudent : la compétition peut susciter un certain rejet auprès des étudiants les plus en difficultés qui apprécieront moyennement que leur échec soit systématiquement révélé. Par contre, valoriser la bonne réponse en proposant, par exemple, un podium des étudiants ayant répondu juste le plus rapidement peut apporter une dimension ludique au test. Le contexte de compétition est également intéressant à mettre en place dans le cadre d'un travail et d'un vote en groupe.

Q : vais-je perdre du temps dans la préparation de mon cours en utilisant les boîtiers?
R : créer des diapositives-questions prend du temps, c'est un fait et les enseignants l'ont presque tous confirmé. Ce n'est pas tant l'aspect technique de la création du questionnaire qui est chronophage - quelques clics suffisent à faire d'un diaporama un questionnaire paramétré par une séquence de vote - mais la recherche et la formulation des questions. Trouver les bonnes questions, les bonnes propositions de réponse et les formuler de telle sorte que les étudiants les comprennent sans complément d'explications, le défi n'est pas simple à relever. Il faut pour cela que l'enseignant identifie précisément et clairement les objectifs de son utilisation des boîtiers, ce qu'il souhaite évaluer, vérifier ou soumettre comme problèmes à ses étudiants. La majorité des enseignants ayant été confrontés à ces difficultés ont toutefois apprécié le challenge dans la mesure où cela leur a permis de réfléchir sur le contenu de leur cours, sur ce qui doit être acquis et compris en priorité par les étudiants. Les enseignants ont questionné leur questionnement.

Q : vais-je perdre du temps pendant ma séance de cours en utilisant les boîtiers ?
R : la question du temps consacré aux séquences de vote est essentielle dans la mesure où l'enseignant peut craindre que l'utilisation des boîtiers de vote impacte négativement le contenu d'un séance où chaque minute est comptée. Premièrement, l'enseignant doit rester maître du temps qu'il souhaite consacrer aux séquences de vote. Celles-ci peuvent aller de dix minutes à une séance entière. Il faut également garder à l'esprit que le vote peut se substituer, selon les usages, à une pratique de questionnement oral déjà présente, auquel cas le timing d'une séance n'est pas réellement impacté par l'intégration de ce nouvel outil. Souvent, l'absence de participation des étudiants dans un cours classique fait que l'enseignant n'envisage pas, ou plus, de laisser du temps de discussion dans son cours, surtout dans le cadre d'un CM. Il faut bien évidemment tenir compte du regain possible de participation que peut générer une pratique de questionnement et de vote. L'impact sur le contenu, quantitativement parlant, peut donc être bien réel et il faut l'envisager dès la préparation de son cours en allégeant par exemple le contenu en question au profit d'un temps de réflexion et de discussion tout en proposant aux étudiants des ressources à lire en dehors des cours. Il faut avant tout se poser cette question : est-ce que les boîtiers de vote vont apporter quelque chose à mon cours?

Q : mieux vaut-il utiliser les BVE en CM, en TD ou en CI?
R : il était envisagé, au départ de notre projet, de proposer des "utilisations clé en main" des boîtiers de vote en fonction des différents types d'usage et des objectifs d'évaluation. Le choix d'un format de cours adapté à l'usage des boîtiers (CM, TD, TP ou CI, 1h, 2h ou 3h, début ou fin de séance, etc.) semblait évident pour que l'expérience soit un succès. Les observations et les entretiens ont révélé que d'autres conditions et contextes d'enseignement contribuaient à la réussite de l'intégration des boîtiers de vote dans un cours : la maîtrise du sujet du cours, la liberté de l'enseignant d'organiser les séances à sa guise et de mettre en place de nouvelles approches pédagogiques. A l'inverse, les problèmes rencontrés par les enseignants et leurs réticences à expérimenter de nouveaux usages étaient principalement liés à des contraintes administratives et institutionnelles : salles inadaptées, cours imposé, séances trop longues, etc.). Aussi, plutôt que de proposer des formats de cours "idéaux" pour tel ou tel usage, il semble plus opportun d'inviter les enseignants à utiliser les boîtiers de vote lorsque le contexte organisationnel est favorable à l'expérimentation de nouveaux outils et de nouvelles démarches pédagogiques.